Apprendre à fermer sa gueule quand il le faut

par Jean Kulki

Un guide pas sérieux pour les gens sérieux (ou l'inverse)

Tu as déjà envoyé un message à 2h du mat' que tu regrettes ? Ou ouvert ta gueule en réunion pour dire un truc dont tout le monde se fout ? Ce livre (enfin, cette page) est pour toi. On va parler des bienfaits de fermer sa gueule — en ligne et dans la vraie vie — avec des stats qui existent vraiment, des citations, des blagues et zéro prise de tête.

Les bienfaits virtuels (réseaux, télétravail, SMS)

  • Moins de drama. Ne pas répondre tout de suite évite 80 % des embrouilles. Tu relis, tu réfléchis, tu supprimes. Ou tu ne réponds pas. Magie.
  • Réputation intacte. Ce que tu ne postes pas ne peut pas te retomber dessus. Les employeurs et les ex scrollent. Garde ta gueule fermée = garde ton image.
  • Relations plus calmes. En télétravail, ne pas répliquer à chaque message à chaud évite les malentendus. Répondre 10 min plus tard, sobre, change tout.
  • Productivité. Moins de notifs, moins de débats inutiles = plus de temps pour bosser (ou pour ne rien foutre, on ne juge pas).

Les bienfaits IRL (bureau, famille, couple, amis)

  • Au bureau : Éviter le « moi je » en réunion te fait passer pour quelqu’un qui écoute. Les gens qui parlent moins sont souvent perçus comme plus compétents. Oui, c’est injuste. Oui, ça marche.
  • En famille : Ne pas réagir à chaque remarque de belle-mère ou d’oncle politique = soirée survivable. Tu n’as pas à avoir le dernier mot. Surtout quand le dernier mot est « connard ».
  • En couple : Se taire pendant une engueulade évite d’enfoncer des portes ouvertes. « Tu pourrais juste te taire 2 minutes ? » — oui. Et souvent ça désamorce.
  • Entre amis : Écouter au lieu de raconter ta vie à chaque fois renforce les liens. Les gens adorent qu’on les écoute. Tu deviendras le pote « safe » à qui on confie des trucs.

Situations de la vie réelle : avant / après

Collègue qui se plaint du chef

❌ Avant : Tu enchaînes sur tes propres griefs. La conversation dérape, quelqu'un répète. Le chef l'apprend.

✅ Après : Tu hoches la tête, tu dis « ouais c'est relou ». Tu ne développes pas. Fin. Tu restes clean.

Débat politique à table

❌ Avant : Tu défends ton camp. Ton oncle s'énerve. La soirée part en vrille.

✅ Après : Tu dis « pas mon sujet, je préfère qu'on parle de la tarte ». Tu changes de sujet. La tarte était bonne.

Ex qui t'envoie un pavé à minuit

❌ Avant : Tu réponds sous le coup de l'émotion. 47 messages. Tu regrettes au réveil.

✅ Après : Tu ne réponds pas. Ou le lendemain : « Ok, merci pour le message. » Rien de plus. Tu gardes la main.

Réunion où tout le monde parle

❌ Avant : Tu veux montrer que tu existes. Tu parles. Personne ne retient ton idée.

✅ Après : Tu notes. Tu parles une fois, au bon moment, une idée claire. On se souvient de toi.

Petites histoires & liens (qui existent vraiment)

L'avocat qui s'est tu

Un avocat en négociation raconte souvent cette histoire : en face, l'autre enchaîne, justifie, se défend. Lui, il pose une question courte puis se tait. Le silence devient inconfortable ; l'autre finit par remplir le vide et en dit bien plus que prévu. Résultat : plus d'infos utiles sans avoir ouvert la bouche. La technique du « silence stratégique » est enseignée en médiation et en négociation — et ça marche.

Thème : écouter plutôt que parler, le silence comme outil.

Le « moi je » en réunion qui a coûté une promo

Témoignage récurrent en coaching : quelqu'un qui voulait « montrer sa valeur » en réunion enchaînait les « moi je », coupait les autres, répétait ses idées. Résultat : perçu comme centré sur lui, pas sur l'équipe. Un collègue plus discret, qui parlait peu mais au bon moment avec des idées claires, a été retenu pour le poste. Pas parce qu'il était plus compétent — mais parce qu'il écoutait et que ce qu'il disait comptait.

Thème : enlever le « moi je », qualité > quantité.

Le message de 2h du mat' qu'il a pas envoyé

Histoire classique : une engueulade par SMS, la main qui tremble sur « Envoyer ». Il écrit tout, relit, et au lieu d'envoyer il met le téléphone en mode avion et va dormir. Le lendemain, il supprime le brouillon. Il ne « gagne » pas la dispute — mais il ne dit pas des trucs qu'il regretterait. La relation continue. Parfois le bienfait de se taire, c'est juste de ne pas envenimer.

Thème : bienfaits de ne pas répondre à chaud.

Vraies statistiques (qui existent)

  • • Une étude (Harvard Business Review) montre que les leaders qui écoutent plus qu’ils ne parlent sont perçus comme plus compétents.
  • • En communication, le « silence » est considéré comme un outil : il laisse de l’espace à l’autre et évite la surcharge.
  • • Les conflits en entreprise montent souvent après des échanges écrits (emails, Slack) : répondre plus tard et à l’oral réduit l’escalade.
  • • En négociation, celui qui se tait après avoir posé une question obtient souvent plus d’infos — le silence pousse l’autre à parler.
  • • Une majorité des regrets exprimés concernent des choses dites plutôt que non dites. Fermer sa gueule limite les regrets.

Citations sur le silence (pour briller en soirée)

« Le silence est la plus grande des éloquences. » — Proverbe (et oui, c’est ironique de citer un proverbe sur le silence).
« Mieux vaut se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute. » — Attribué à Abraham Lincoln (ou à un random sur Internet).
« La parole est d’argent, le silence est d’or. » — Proverbe. Sauf en bourse, là c’est l’inverse.
« Ce que l’on ne dit pas nous appartient encore. » — Une fois que c’est sorti, c’est parti.
« Tu as deux oreilles et une bouche : écoute deux fois plus que tu ne parles. » — Les Grecs. Ils avaient déjà tout compris.

Conseils pratiques (sans blague… si)

  1. Avant de répondre à chaud, attends 10 minutes (SMS) ou 24h (mail pro). Relis. Souvent tu changeras d’avis.
  2. En réunion, pose une question au lieu de donner ton avis tout de suite. Ça fait « réfléchi » et tu apprends des trucs.
  3. Quand quelqu’un t’énerve, compte jusqu’à 5. Ou 10. Ou 100. Puis décide si tu veux vraiment ouvrir la bouche.
  4. Sur les réseaux : ne commente pas sous le coup de la colère. Si tu dois absolument répondre, fais-le le lendemain.
  5. En couple : « Je préfère qu’on en reparle quand on sera calmés » est une phrase magique. Utilise-la.
  6. Rappel : tu n’as pas à avoir le dernier mot. Gagner une dispute ne veut pas dire gagner la relation.

Les inconvénients (parce qu'il y en a toujours)

Se taire, c'est bien — mais pas tout le temps. Voilà les vrais inconvénients si tu pousses le bouchon trop loin.

  • Tu passes à côté. Si tu ne parles jamais en réunion, on peut t'oublier pour les projets ou les promos. Les idées qu'on ne dit pas n'existent pas pour les autres.
  • On te marche dessus. Trop de silence peut être lu comme « pas d'avis » ou « je m'en fous ». Certains en profitent pour décider sans toi ou ignorer tes limites.
  • Relations à sens unique. Si tu écoutes tout le temps sans jamais te livrer, l'autre peut se sentir seul dans la relation. Écouter, oui ; devenir une éponge muette, non.
  • Quand il faut parler, il faut parler. Harcèlement, injustice, mauvaise décision : là, se taire peut être complice. Le but n'est pas de ne plus jamais ouvrir la bouche, mais de choisir quand.
  • Stress rentré. Tout garder pour soi peut finir en rumination ou en explosion plus tard. Se taire au bon moment, c'est bien ; s'interdire toute expression, c'est autre chose.

En résumé : fermer sa gueule quand il le faut, pas tout le temps. Savoir quand parler compte autant que savoir quand se taire.

Blagues sur le fait de se taire (parce qu’on peut)

• Comment on appelle quelqu’un qui sait fermer sa gueule en réunion ? Un employé qui sera encore là dans 2 ans.

• « Tu pourrais te taire 5 minutes ? » — « Oui. » — *silence* — « … C’est la première fois que tu obéis. »

• Le meilleur conseil en communication ? Ne pas envoyer le message. Sérieusement. Supprime. Va prendre l’air.

• « La parole est d’argent, le silence est d’or. » Donc si tu te tais, tu es riche. Félicitations.

• Deux oreilles, une bouche. Les maths sont claires : tu es censé écouter deux fois plus que parler. Si tu parles 50 % du temps, t’as déjà perdu.

En résumé

Fermer sa gueule, c’est pas être passif. C’est choisir quand parler. Moins de regrets, moins de drama, meilleure image, relations plus saines. Et des stats + des philosophes pour te donner bonne conscience. Maintenant va pratiquer — en silence.

— Jean Kulki, auteur de « Apprendre à fermer sa gueule quand il le faut »

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