Apprendre à fermer sa gueule quand il le faut
par Jean Kulki
Un guide pas sérieux pour les gens sérieux (ou l'inverse)
par Jean Kulki
Un guide pas sérieux pour les gens sérieux (ou l'inverse)
Tu as déjà envoyé un message à 2h du mat' que tu regrettes ? Ou ouvert ta gueule en réunion pour dire un truc dont tout le monde se fout ? Ce livre (enfin, cette page) est pour toi. On va parler des bienfaits de fermer sa gueule — en ligne et dans la vraie vie — avec des stats qui existent vraiment, des citations, des blagues et zéro prise de tête.
Collègue qui se plaint du chef
❌ Avant : Tu enchaînes sur tes propres griefs. La conversation dérape, quelqu'un répète. Le chef l'apprend.
✅ Après : Tu hoches la tête, tu dis « ouais c'est relou ». Tu ne développes pas. Fin. Tu restes clean.
Débat politique à table
❌ Avant : Tu défends ton camp. Ton oncle s'énerve. La soirée part en vrille.
✅ Après : Tu dis « pas mon sujet, je préfère qu'on parle de la tarte ». Tu changes de sujet. La tarte était bonne.
Ex qui t'envoie un pavé à minuit
❌ Avant : Tu réponds sous le coup de l'émotion. 47 messages. Tu regrettes au réveil.
✅ Après : Tu ne réponds pas. Ou le lendemain : « Ok, merci pour le message. » Rien de plus. Tu gardes la main.
Réunion où tout le monde parle
❌ Avant : Tu veux montrer que tu existes. Tu parles. Personne ne retient ton idée.
✅ Après : Tu notes. Tu parles une fois, au bon moment, une idée claire. On se souvient de toi.
Un avocat en négociation raconte souvent cette histoire : en face, l'autre enchaîne, justifie, se défend. Lui, il pose une question courte puis se tait. Le silence devient inconfortable ; l'autre finit par remplir le vide et en dit bien plus que prévu. Résultat : plus d'infos utiles sans avoir ouvert la bouche. La technique du « silence stratégique » est enseignée en médiation et en négociation — et ça marche.
Thème : écouter plutôt que parler, le silence comme outil.
Témoignage récurrent en coaching : quelqu'un qui voulait « montrer sa valeur » en réunion enchaînait les « moi je », coupait les autres, répétait ses idées. Résultat : perçu comme centré sur lui, pas sur l'équipe. Un collègue plus discret, qui parlait peu mais au bon moment avec des idées claires, a été retenu pour le poste. Pas parce qu'il était plus compétent — mais parce qu'il écoutait et que ce qu'il disait comptait.
Thème : enlever le « moi je », qualité > quantité.
Histoire classique : une engueulade par SMS, la main qui tremble sur « Envoyer ». Il écrit tout, relit, et au lieu d'envoyer il met le téléphone en mode avion et va dormir. Le lendemain, il supprime le brouillon. Il ne « gagne » pas la dispute — mais il ne dit pas des trucs qu'il regretterait. La relation continue. Parfois le bienfait de se taire, c'est juste de ne pas envenimer.
Thème : bienfaits de ne pas répondre à chaud.
« Le silence est la plus grande des éloquences. » — Proverbe (et oui, c’est ironique de citer un proverbe sur le silence).
« Mieux vaut se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute. » — Attribué à Abraham Lincoln (ou à un random sur Internet).
« La parole est d’argent, le silence est d’or. » — Proverbe. Sauf en bourse, là c’est l’inverse.
« Ce que l’on ne dit pas nous appartient encore. » — Une fois que c’est sorti, c’est parti.
« Tu as deux oreilles et une bouche : écoute deux fois plus que tu ne parles. » — Les Grecs. Ils avaient déjà tout compris.
Se taire, c'est bien — mais pas tout le temps. Voilà les vrais inconvénients si tu pousses le bouchon trop loin.
En résumé : fermer sa gueule quand il le faut, pas tout le temps. Savoir quand parler compte autant que savoir quand se taire.
• Comment on appelle quelqu’un qui sait fermer sa gueule en réunion ? Un employé qui sera encore là dans 2 ans.
• « Tu pourrais te taire 5 minutes ? » — « Oui. » — *silence* — « … C’est la première fois que tu obéis. »
• Le meilleur conseil en communication ? Ne pas envoyer le message. Sérieusement. Supprime. Va prendre l’air.
• « La parole est d’argent, le silence est d’or. » Donc si tu te tais, tu es riche. Félicitations.
• Deux oreilles, une bouche. Les maths sont claires : tu es censé écouter deux fois plus que parler. Si tu parles 50 % du temps, t’as déjà perdu.
Fermer sa gueule, c’est pas être passif. C’est choisir quand parler. Moins de regrets, moins de drama, meilleure image, relations plus saines. Et des stats + des philosophes pour te donner bonne conscience. Maintenant va pratiquer — en silence.
— Jean Kulki, auteur de « Apprendre à fermer sa gueule quand il le faut »
Retour aux modules